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15 septembre 2011

La France sous-investit son école

La France investit 14% de moins que la moyenne des pays de l’OCDE dans son école. C’est ce que souligne "Regards sur l’éducation", l’étude annuelle de l’organisation internationale. Le SNUipp-FSU demande un plan de rattrapage.

La dépense d’éducation est en France inférieure de 14% à la moyenne de l’OCDE. C’est ce que révèle l’enquête rendue publique lundi 12 septembre par l’organisation internationale « Regards sur l’éducation 2011 ». Ces chiffres attestant d’une tendance lourde constatée depuis plusieurs années contredisent les allégations du ministre de l’Education nationale sur « les efforts jamais consentis jusque-là » par la France. En outre, le document révèle qu’entre 2000 et 2008, les dépenses par élève ont augmenté dans l’OCDE en moyenne de 34 % alors qu’en France, en Italie et en Allemagne, la hausse n’aura été que de 7%. Par ailleurs, la part du PIB consacrée par la France à l’éducation a diminué de 0,3% entre 2000 et 2008 alors qu’elle a partout progressé au moins au même rythme que le PIB. Entre 1995 et 2009, la part de l’éducation dans les budgets publics est passée en moyenne de 11,8% à 12,9% : elle est passée en France de 11,5% à 10,6%. Du coup, dans l’Hexagone la dépense d’éducation par élève du primaire s’élève à 6 267 $ (4 577 €) quand la moyenne de l’OCDE s’établit à 7 153$ (5 225 €).

Un plan de rattrapage indispensable

Cette situation de sous-investissement de l’Etat dans l’école élémentaire française n’est pas nouvelle. Déjà soulignée dans de précédents rapports de l’OCDE, elle est dénoncée depuis plusieurs années par le SNUipp. Le syndicat a estimé hier mardi 13 septembre « qu’un plan de rattrapage est indispensable pour l’école et les enseignants », une revendication que  « le SNUipp-FSU portera lors de la grève unitaire du 27 septembre ». Un plan est d’autant plus indispensable, souligne le syndicat que « non seulement, l’école est victime d’un sous-investissement, mais en plus, elle est “championne” des inégalités laissant pour compte les élèves issus des milieux défavorisés. La réussite scolaire de tous les élèves impose un nouveau projet éducatif qui concilie quantité et qualité. Il faut investir dans la transformation de l’école », insiste le syndicat dans un communiqué publié hier.

La baisse du taux de scolarisation des 15-19 ans

Bernard Hugonnier et Eric Charbonnier, de la direction de l’éducation à l’OCDE, ont souligné un autre point négatif : le taux de scolarisation des jeunes de 15 à 19 ans a augmenté de plus de 9 points entre 1995 et 2009 dans les pays de l’OCDE (moyenne 82%). En France ce taux a chuté de 89% à 84% durant cette période. Ceci peut être expliqué en partie par la diminution importante du nombre de redoublements mais doit être rapproché des 130 000 jeunes qui sortent chaque année du système scolaire sans qualification, 16% d’une classe d’âge. Parallèlement le taux de scolarisation des 20 – 29 ans est resté stable à 19%, alors que dans l’ensemble des pays de l’OCDE il a augmenté de plus de 8 points pour atteindre 26%.

Et les salaires ?

Le salaire statutaire (qui n’inclut pas les primes et les heures supplémentaires) des enseignants ayant au moins 15 ans d’exercice à leur actif s’établit en moyenne en 2009, à 38 914 USD ( 33 359 USD en France) dans l’enseignement primaire, à 41 701 USD (35 856 USD en France) dans le premier cycle de l’enseignement secondaire et à 43 711 USD (36 145 USD en France) dans le 2ème cycle de l’enseignement secondaire. Que ce soient les enseignants débutants ou ceux qui ont 15 ans d’ancienneté, les salaires en France sont inférieurs à la moyenne de l’OCDE. Seuls les salaires maximum de fin de carrière sont en France supérieurs à la moyenne mais ceci ne tient pas compte du fait que seuls 3,7% des enseignants des écoles partent à la retraite en ayant atteint le dernier échelon de la hors-classe.

Entre 2000 et 2009, le salaire des enseignants a augmenté en valeur réelle dans tous les pays, sauf en France et en Suisse. Pour l’OCDE le salaire statutaire des enseignants français ayant 15 ans d’expérience a diminué. Quel message cela fait-il passer sur l’attractivité du métier d’enseignant ?

Ce recul de l’investissement financier est d’autant plus incompréhensible quand les études, les unes après les autres, soulignent le poids des inégalités sociales pour expliquer les performances des élèves. La France est en effet « championne » de l’inéquité en ce domaine, comme l’a montré la dernière étude PISA : les résultats des élèves français sont globalement dans la moyenne mais les performances des élèves de milieu défavorisé – ou issus de l’immigration - sont beaucoup plus faibles qu’ailleurs. Seule la Nouvelle-Zélande fait pire.

Une mine d’informations supplémentaires

Regards sur l’éducation 2011 offre un panel d’informations sur les systèmes éducatifs : études et emploi, retombées sociales de l’éducation, dépenses détaillées, effectifs, études à l’étranger, temps de présence en classe et taille des classes, taux d’encadrement et temps de travail des enseignants, taux d’obtention des diplômes... Le document présente également les évolutions de ces chiffres sur les 10 ou 15 dernières années.

Lire :

- Regards sur l’éducation 2011 sur le site de l’OCDE.

- Le communiqué et la note de presse du SNUipp

- L’article du Café pédagogique : La France s’est nettement dégradée en 10 ans

 

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