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6 janvier 2012

Des mauvais vœux du président pour l’avenir de l’école

Nicolas Sarkozy présentait hier ses vœux au monde de l’éducation, l’occasion pour lui de prononcer un discours aux tonalités électoralistes et d’esquisser ce que serait son projet pour l’éducation après 2012. Un programme mauvais pour l’école.

C’est un véritable projet politique pour l’école qu’a dessiné hier jeudi 5 janvier le président de la République à l’occasion de la présentation de ses vœux au monde de l’éducation à Chasseneuil-du-Poitou (Vienne), la commune du Futuroscope. Dans un discours aux tonalités électoralistes, Nicolas Sarkozy a posé les nouvelles pièces de son puzzle éducatif. Après la suppression de la carte scolaire, la liquidation de la formation professionnelle des enseignants, la fragilisation de la maternelle, l’attaque contre les RASED, voici programmée la sélection précoce des élèves au sein du collège, qui conduirait à partir de la 4ème à constituer des filières de formation professionnelle. Exit donc le collège unique, et par la même occasion la notion même de socle commun. "il n’est pas normal que le collège actuel prépare exclusivement à l’enseignement général" a-t-il en effet commenté, tandis que la 6ème et la 5ème seraient, comme l’a été l’élémentaire, recentrées « sur les savoirs fondamentaux en assurant une continuité avec le primaire ».

L’école déboussolée

L’école primaire a été peu évoquée, comme laissée pour compte. Seule proposition, les écoles transformées en petits collèges ? Il a insisté sur "l’autonomie des établissements" estimant que cela permettra de constituer des équipes soudées, « autour du chef d’établissement », et ce « dès le primaire ». Le chef de l’État s’est félicité de l’effet des réformes avec de réels progrès aux évaluations CE1 et CM2, évaluations pourtant très sérieusement contestées. La ritournelle est connue et la communication fait le reste, les vraies questions éducatives propres au primaire restant éludées : la scolarisation des moins de trois ans, la formation professionnelle, l’aide aux élèves en difficulté, l’accompagnement des élèves en situation de handicap, le bien-être des élèves...

Des postes contre une revalorisation : du déjà entendu

S’il compte poursuivre l’étranglement budgétaire, c’est pour mieux rémunérer les enseignants. Le couplet sur la revalorisation des enseignants est déjà connu : trois sur quatre d’entre eux attendent encore celle qui était promise dans la désormais fameuse “lettre aux éducateurs” de 2007. Par contre, tous ont subi les effets des suppressions de postes : effectifs en hausse, aides spécialisées rabotées, conditions de travail dégradées. Il souhaite redéfinir le métier d’enseignant. Mais là encore, référence est faite aux décrets de 1950 et donc aux enseignants du second degré pour qu’ils soient «  davantage présents dans les établissements. » Le primaire est de nouveau passé sous silence. Pourtant, les professeurs des écoles, déjà peu rémunérés ont un temps de travail réglementaire ( 27 heures) qui ne prend pas en compte tout le travail invisible, lié à la préparation de la classe, aux tâches administratives, aux relations avec les partenaires de l’école et les parents. Des missions effectuées par engagement qui allongent considérablement le quotidien du métier ( jusqu’à 45 heures de travail hebdomadaires selon les enquêtes) et qui nécessitent reconnaissance.

L’école du chacun pour soi

Pour Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp, « le chef de l’État dévoile de nouvelles cartes qui dessinent les contours d’une école du chacun pour soi. Alors que l’échec scolaire ne se réduit pas, il souhaite renforcer les inégalités du système éducatif en projetant de mettre en concurrence les écoles sans redonner confiance aux enseignants avec de la formation ou de l’autonomie pédagogique pour travailler autrement et mieux ». Décidément, il est des vœux qui manquent singulièrement d’à propos, mais les enseignants des écoles ne manqueront pas de formuler les leurs, bien différents pour l’avenir de l’école, dans les prochaines semaines.

 

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