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27 mars 2012

Travail à la maison : l’envers des devoirs

Les devoirs à la maison, la pratique reste très courante même s’il faut savoir distinguer ce qui en relève dans la part de ce qui est donné à faire hors la classe. Dans un dossier paru dans Fenêtre sur cours, le SNUipp apportait un éclairage sur cette pratique ancienne.

En donnant des devoirs à faire à la maison, les enseignants sont-ils hors la loi ? Si les parents d’élèves de la FCPE organisent en ce moment une campagne « et si on essayait de vivre sans devoirs à la maison ? », il n’en reste pas moins que depuis plus d’un demi-siècle un grand nombre d’enseignants donnent aux élèves des devoirs à faire hors de la classe, sans toujours se soucier de ce que disent les textes. Pourtant, il est vrai que les circulaires dont les premières datent de 1956 interdisent les devoirs écrits, limitant le travail à la maison à de l’oral ou à des leçons à apprendre. Mais dans les pratiques, force est de constater que les textes ne sont pas toujours respectés. 55% des maîtres braveraient la consigne et ce à partir du CE1, le travail demandé au CP se cantonnant presque exclusivement à de la lecture. Dès lors, les questions se posent de savoir pourquoi les pratiques semblent aussi éloignées des injonctions, et de savoir pourquoi l’institution s’en préoccupe si peu.

Des effets parfois discriminants

Ainsi, le professeur en sciences de l’éducation Patrick Rayou estime « qu’on donne du travail… parce qu’on donne du travail », et c’est tout ! Une forme d’atavisme aux motivations peu claires que tente de décortiquer une autre chercheuse, Françoise Clerc. « Le travail personnel est un objet obscur mais aussi un objet paradoxal, dit-elle. Considéré comme le complément indispensable de tout enseignement par les maîtres, il a des effets contrastés selon les conditions de temps, d’espace, d’encadrement dans lesquels il se déroule et selon les populations d’élèves concernées en raison des pratiques sociales des familles et de leurs ressources économiques ». Ce faisant, cette spécialiste des sciences de l’éducation souligne un enjeu majeur. Les devoirs que l’on voudrait a priori comme un outil de réussite éducative, d’apprentissage de l’autonomie, peuvent avoir des effets discriminants et renforcer le sentiment d’échec et de manque de confiance en soi chez les élèves déjà en difficulté.

Ne pas externaliser son travail d’enseignant

Dans pareille situation l’enseignant se retrouve seul, le plus souvent, et surtout il n’a pas été préparé au stade de sa formation initiale à en appréhender les enjeux. « Je crains malheureusement que le travail à la maison soit très peu abordé » durant la formation, reprend Patrick Rayou. Le professeur de l’Iufm de Créteil estime qu’il faut apprendre aux enseignants à mieux définir la finalité du travail hors la classe, qu’il faut « les sensibiliser aux risques liés à « l’externalisation » de ce travail ». Parmi ces risques figure celui de laisser l’élève avec sa famille ou ceux qui l’accompagnent, face à des tâches qui requièrent une vraie compétence enseignante, par exemple l’apprentissage par coeur nécessite la mobilisation de techniques de mémorisation et c’est le plus souvent à la maison qu’il faut apprendre la récitation ou la table de multiplication. Autre risque et non des moindres, c’est celui du malentendu. « Beaucoup d’élèves ne savent pas exactement ce qu’ils ont à faire, n’établissent pas de rapports entre l’activité en classe et le travail donné », souligne Patrick Rayou. Idée que renforce Benoît Poucet, professeur de sciences de l’éducation, pour qui « les devoirs ne sont plus uniquement l’application de ce que l’on a fait en classe, ils sont parfois aussi ce que l’on n’a pas pu faire en classe, faute de temps ». Mais, il sont aussi souvent le reflet d’une demande sociale, celle de parents qui ne comprennent pas que leur enfant n’ait pas devoirs. Une question complexe.

 

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