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24 septembre 2012

L’art et la manière de réformer l’école

Comment réussir la réforme de l’éducation ? Si on ne sait pas toujours ce qu’il faut faire, on sait ce qu’il ne faut pas faire... Quelques clefs pour réussir la refondation de l’école.

Peut-on réformer l’école et à quelles conditions ? A en croire certains esprits pas très aimables envers l’institution et ses personnels, le « mammouth » serait indécrottable, entendez par là irréformable ! Trop lourd, trop gros avec plus d’un million de fonctionnaires, bref tel un monolithe il serait frappé d’inertie. Le paradoxe est que ceux-là même qui tiennent pareil propos sont aussi ceux qui ont voulu lui imposer à marche forcée ces dernières années un empilement de réformes et réformettes au mieux inefficaces, voire carrément contreproductives... Un texte a chassé l’autre (lire l’article), bien souvent au gré des besoins en communication des ministres alors que d’évidence le temps éducatif est un temps long, quand celui de la communication est marqué par l’éphémère. Oui, pour se réformer l’école a besoin de temps et réussir le changement est une affaire de durée. Il faut dix ans ou plus, le temps d’un parcours scolaire de la première année de maternelle à la dernière de l’élémentaire, voire à la dernière de la scolarité obligatoire, pour évaluer les effets d’une réforme. Illustration avec la Finlande : le pays scandinave si souvent montré en exemple a entrepris sa « Réforme » à la fin des années 60. Il a creusé son sillon sans que les alternances politiques ne l’aient fait dévier. Il récolte aujourd’hui les fruits de cette méthode opiniâtre, développée avec une pédagogie moderne, en surclassant la plupart des autres pays dans les évaluations internationales (lire l’article).

Une complexité à prendre en compte

Alors que la concertation bat son plein pour pré- parer la future loi d’orientation et de programmation de l’Éducation nationale, une autre idée s’impose, celle de la complexité. Éducation ne rime pas avec simplisme au contraire de ce que pouvaient laisser entendre des ministres tel Gilles de Robien en annonçant des mesures parfois démagogiques comme le retour, pour l’apprentissage de la lecture à la « syllabique » que les enseignants su combiner avec d’autres approches. Il suffirait que le chef décide pour que tout à coup le fameux noyau dur d’élèves en difficulté à la fin du primaire se résorbe. En réalité, rien ne sert de promettre la lune. C’est un peu ce qu’explique le sociologue Philippe Perrenoud : « les réformes les plus ambitieuses s’attaquent à des problèmes impossibles à résoudre de manière satisfaisante et définitive » (lire l’article). « Pourquoi prétendre régler « définitivement » des questions aussi difficiles que la sélection, l’échec scolaire, l’éducation à la citoyenneté, la préparation à la vie, la formation professionnelle » s’interroge-t-il . « On sait au moins ce qu’il ne faut pas faire » observe-t-il encore. Parmi les écueils à éviter figurent justement celui de ne pas associer les acteurs au pilotage de la réforme et celui d’évaluer trop vite. En d’autres termes, pour être efficace une réforme a besoin d’un peu d’humilité, d’une bonne dose d’ambition et face à la complexité, de solliciter tous les acteurs, y compris et surtout les enseignants.

Tout ne peut pas venir d’en haut

Cette réalité s’est imposée en Suisse romande où les 26 cantons ont voulu harmoniser leurs programmes pour toute la scolarité obligatoire. Les enseignants ont pris une part active dans la réforme : « c’est grâce à eux que ce programme d’enseignement commun existe », assure aujourd’hui Georges Pasquier, le président du syndicat des enseignants romands (lire l’article). Voilà qui tranche avec l’exemple français, comme l’illustre la mise en place de l’aide personnalisée. Une réforme imposée par le haut, qui en plus a été pensée comme un écran de fumée censé masquer un affaiblissement sans précédent de l’aide spécialisée (lire l’article). Pourtant, c’est bien sur les enseignants que le ministère s’est appuyé pour la mettre en œuvre. Ces derniers ont dû construire dans l’urgence, mobiliser leurs ressources professionnelles sans trop pouvoir compter sur leur hiérarchie pour être accompagnés, pour trouver des ressources. Ils l’ont fait même si cinq ans plus tard 80% d’entre eux ne sont pas satisfaits quant à l’efficacité du dispositif. Mettre en œuvre une réforme avec succès nécessite tout autant de s’appuyer sur les enseignants que de les accompagner. La loi de 2005 sur la scolarisation des enfants en situation de handicap en est l’exemple flagrant. Les enseignants avaient anticipé la loi et ont fait preuve d’engagement, de professionnalisme, d’inventivité. Mais leur action se trouve entravée par le manque de moyens. « Tous les ans nous demandons un stage de formation avec les professionnels du centre de soins, il ne nous a jamais été accordé » signale Karine Kaime, directrice à Cergy (Val d’Oise). Une école qui pourtant possède deux CLIS et inclut une vingtaine d’enfants... (lire l’article).
D’évidence le mammouth bouge encore, il serait même assez alerte malgré les chausse-trapes. Alors autant lui faire confiance, prendre la peine d’entendre les enseignants, se fier aussi à leur professionnalité, pour réussir au mieux la réforme qui s’annonce. C‘est aussi pour cela que le SNUipp recueille leur parole ; parce que, comme il dit, « l’avenir de l’école nous l’écrirons ensemble ».

 

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