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8 janvier 2013

Rythmes scolaires : Le SNUipp vote contre le projet de décret

Le SNUipp s’est prononcé contre le projet de décret sur les rythmes scolaires présenté au Conseil supérieur de l’éducation du 8 janvier. Un texte qui n’est satisfaisant ni pour les élèves, ni pour les enseignants et qui doit être profondément remanié.

«  Le compte n’y est pas, ni pour les élèves, ni pour les enseignants ! » C’est en substance le point de vue exprimé par le SNUipp, au Conseil supérieur de l’éducation (CSE) réuni le 8 janvier pour examiner le projet de décret sur la réforme des rythmes scolaires. Il est vrai que s’agissant d’un texte qui doit transformer le quotidien de six millions d’élèves, de dix millions de parents et de 350 000 enseignants des écoles, le manque de rigueur et de concertation, l’imprécision et les insuffisances ne sont pas acceptables. Or, le ministre de l’Éducation nationale demande à toute la communauté éducative de se prononcer, alors que des pans entiers de cette réforme restent encore à clarifier, telles que sa partie enseignante notamment, ainsi que les relations avec les collectivités locales, pour lesquelles le SNUipp avait demandé la tenue d’une table ronde. Et de fait, la réforme des rythmes ne saurait s’envisager sans une réflexion d’ensemble sur un fonctionnement de l’école qui améliore les temps d’apprentissage des élèves et les conditions de travail des enseignants.

Du mieux pour tous les élèves ?

«  Qui peut dire aujourd’hui que tous les enfants, sur tout le territoire, tireront profit des mesures proposées telles que définies par le projet du ministère ? » a interrogé le secrétaire général du syndicat dans une déclaration à l’ouverture du CSE. Un calendrier scolaire toujours aussi déséquilibré, des journées de classe à peine raccourcies, avec la coupure du mercredi en moins, et surtout l’incertitude qui demeure quant à l’organisation des temps placés en dehors de la classe. Pour le SNUipp, la réforme ne peut pas être réussie dans les communes qui en auront les moyens, et un échec dans les autres. Il demande donc des garanties concernant l’égalité d’accès à une offre éducative de qualité pour tous les élèves. Il demande aussi que pour tenir compte des multiples réalités locales, le décret prévoit pour les communes des possibilités de dérogation au delà de 2014 pour le passage à quatre jours et demi.

Tout mettre sur la table

Quoi qu’il en soit, tordre le cou à l’échec scolaire ne saurait se résumer à une modification des rythmes et à une question d’emploi du temps. Des effectifs qui permettent de prendre en compte chaque élève, des locaux adaptés, du matériel et des ressources pédagogiques de qualité, des enseignants formés et reconnus, des programmes revus pour être ambitieux, mais réalisables et respectueux des rythmes d’acquisition des élèves, des évaluations au service des apprentissages : autant de dimensions tout aussi importantes et dont pourtant il n’a pas été question...ou si peu.

De la reconnaissance pour les enseignants

Maltraités toutes ces dernières années, les enseignants des écoles attendent légitimement de la considération, de la confiance, et une reconnaissance de leur engagement professionnel au service de la réussite pour tous leurs élèves. Or, force est de constater que rien de sérieux dans ce projet de décret ne va dans ce sens.
- Les décisions d’organisation de la semaine scolaire pourraient être prises sans recueillir l’avis du conseil d’école. Pourtant, associer les enseignants, solliciter leur expertise dans un partenariat bien compris sont une condition de la réussite de la réforme. Le texte doit là aussi évoluer et prévoir l’accord du conseil d’école pour toute modification d’organisation du temps scolaire.
- 23 heures hebdomadaires de classe et trois heures consacrées à toutes les autres dimensions du métier, c’était la demande du SNUipp durant toutes les discussions préalables à la rédaction du texte. Le ministre y est resté sourd et le décret n’apporte pas de précisions sur la répartition des 108 heures, notamment en ce qui concerne les fameuses « aides pédagogiques complémentaires » dont le volume horaire relève du temps de service des enseignants. En tout état de cause, l’organisation de celles-ci doit être laissée aux équipes enseignantes.

- Enfin, rien non plus sur les salaires des enseignants des écoles, alors même qu’ils auront à supporter des coûts supplémentaires liés à cette réforme. Leur pouvoir d’achat ne cesse de se dégrader et le ministre doit au plus vite faire des propositions sur la revalorisation de leurs rémunérations

En l’état du projet de décret, le compte n’y est donc pas et le SNUipp a émis un vote défavorable*. Pour autant, opposé au statu quo, il souhaite que ses propositions qui concilient intérêt des élèves et des enseignants soient prises en compte. Un nouveau texte, profondément remanié doit pouvoir être soumis à un prochain CSE. La balle est maintenant dans le camp de Vincent Peillon.

Lire :
- la déclaration du SNUipp-FSU au CSE

* Les résultats complets du vote au CSE :

- pour : 5
- contre : 23
- abstention : 30
- refus de vote : 14

 

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