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27 septembre 2013

SNU’TILE : La voix de l’enseignant

C’est la rentrée, nombre d’entre vous souffrent déjà d’une laryngite, pharyngite ou extinction de voix. Tous les maux bien connus des enseignants débutants. Il existe cependant quelques solutions simples pour prévenir ces infections professionnelles.

1. UNE BONNE HYGIÈNE POUR LE PROFESSIONNEL DE LA VOIX

Il est très important de prévenir des problèmes potentiels avant qu’ils ne se manifestent. Trois points importants : l’hygiène vocale, sensibilisation et entraînement :

 apprendre à prendre soin de sa voix, de mieux connaître ses capacités vocales et ses limites.

 s’entraîner à l’utilisation correcte de l’appareil vocal en contexte didactique (faire face à une classe, capter l’attention sans augmenter l’intensité vocale, désamorcer l’agressivité).

 avoir une connaissance des règles d’hygiène vocale (hydratation, échauffement, pauses vocales lors des efforts de phonation prolongée) et des facteurs de risque (tabagisme, caféine, mauvaise acoustique des salles).

 prendre conscience des effets du stress et de l’anxiété : le souffle abdominal, qui est indispensable au bon fonctionnement de la projection vocale, ne se déclenche spontanément que si l’on est sûr de soi. Le seul fait de s’inquiéter au sujet de sa voix et de ses possibilités suffit à dénaturer la mécanique du souffle.

Deux approches concourent à la prévention individuelle : l’approche indirecte et l’approche directe :

 La première met l’accent sur la physiologie du larynx et des cordes vocales (accessible à un public non spécialisé) ainsi que sur la nécessité d’une hygiène vocale (liste de ce qu’il ne faut pas faire et ce qu’il faut stimuler pour prendre soin de sa voix).

 La seconde met l’accent sur les exercices vocaux mais insiste également sur l’application de l’hygiène vocale. Pour répondre à des exigences élevées, il s’agit d’augmenter et de fortifier la fonctionnalité de la voix.

2. QUAND « CELA NE VA PAS »

L’obligation d’utiliser sa voix même quand « cela ne va pas », réclame de la part du professionnel une préparation plus ou moins poussée et des précautions particulières. Il s’agit d’abord de préserver le comportement de projection vocale de toute distorsion aboutissant au comportement de forçage vocal.

MODÉRER L’USAGE VOCAL DÈS LE DÉBUT D’UN ENROUEMENT

Plusieurs pistes :

 Adopter d’instinct un comportement de modération vocale.

 Observer un quasi mutisme de quelques heures ou quelques jours.

 Modifier sa façon de parler en atténuant l’intensité des voix et en compensant par une tonalité plus élevée et une articulation plus précise.

Adopter la voix « bourdonnée (voix des couloirs d’hôtel).

NE PAS ADMETTRE UNE RÉCESSION INJUSTIFIÉE DE LA FONCTION VOCALE

Un enrouement qui dure plus de trois semaines n’est pas à prendre à la légère. Bien trop de gens en fait acceptent l’altération de leur voix et la diminution de leurs possibilités vocales en se persuadant que c’est comme ça et que ça n’a pas d’importance que d’ailleurs il n’y a rien à faire ou que c’est de famille. Ainsi tel sujet voit par exemple disparaître progressivement sa voix chantée, puis sa voix d’appel. Son activité vocale se réduit peu à peu à une voix conversationnelle de timbre altéré en permanence, d’intensité peu réglable, émise avec un effort et il s’accoutume dans une sorte de résignation plus ou moins consciente à cette mutilation » faute au départ d’en avoir apprécié réellement l’importance.

NE PAS S’ALARMER INUTILEMENT

Il faut savoir que ce n’est pas la force de la voix, ni son usage prolongé qui nuisent à la voix mais l’effort pour faire la voix, le forçage. La voix est faite pour servir. Normalement elle est résistante et faite pour porter loin. Nous sommes équipés d’un instrument vocal dont les performances dépassent de beaucoup nos besoins courants.

ÉVITER LE COMPORTEMENT DE RETENUE ET L’ARTIFICE

La voix ne se porte pas bien d’une attention perpétuelle à elle-même. Elle doit rester un acte spontané. La surveiller tout le temps sous prétexte de lui imposer des limites et de la ménager risque d’apporter une entrave très préjudiciable à son bon fonctionnement. Écouter sa voix pendant qu’on parle, se préoccuper de prendre une tonalité plus aiguë ou plus grave ou un rythme plus lent n’est pas à conseiller. S’écouter parler ne vaut rien, pas plus que regarder ses pieds quand on marche. Si des difficultés se présentent de façon chronique c’est dans un entraînement adapté que l’on pourra trouver un remède…

POSSÉDER UNE BONNE TECHNIQUE

On retrouve trois techniques qui ont été développées dans l’antiquité : le positionnement de l’articulation et de la voix dans le masque, le franchissement d’obstacles perturbant l’émission vocale et des mises en situation utilisant les ressources de l’imagination. D’autre part, la pratique quotidienne d’exercices de relaxation, de souffle, de productions vocales élémentaires n’est pas un luxe. Cette mise en voix quotidienne s’avère fort utile (5 mn doivent suffire).

Les exercices vocaux sont axés sur différents paramètres : la position du corps, la respiration (apprentissage des différentes techniques), la résonance, l’articulation, la voix (qualité, hauteur, intensité) et la projection de la voix.

SE MÉFIER RAISONNABLEMENT DE CERTAINES NUISANCES

A coup sûr la voix fonctionne moins bien quand on n’est pas en forme, fatigué, etc. Le « curseur » est variable selon les individus et l’expérience personnelle est ici le seul guide possible. Cela dit, de quoi l’enseignant doit-il se méfier en dehors de sa propre tendance à forcer ?

 Signalons d’abord les dangers les plus sérieux qui résultent de l’usage du tabac (responsable de sécrétions bronchiques et à la longue d’oedèmes chroniques des plis vocaux) et de l’usage de l’alcool.

 Signalons ensuite d’autres causes d’irritations laryngées : agressions d’origine microbienne, émanations toxiques, sécheresse de l’atmosphère (air conditionné).

 Les changements brusques de température et les courants d’air frais peuvent provoquer des réactions vasomotrices au niveau du larynx et des réflexes de constriction pharyngée qui perturbent l’émission vocale. Une déshydratation de l’air augmenterait la viscosité et la rigidité de la muqueuse avec, comme conséquence, une modification acoustique de la voix et de son efficacité (il faut produire plus d’effort pour un résultat identique). Une bonne hydratation contribue au bon fonctionnement laryngé.

 Enfin, l’environnement a un rôle sur le bon fonctionnement des plis vocaux : facteurs physiques (produits inhalés), agents biologiques (virus, bactéries), produits chimiques irritants, substances pharmacologiques (hormones, médicaments).

Références bibliographiques : → La voix, ses troubles chez les enseignants, INSTITUT NATIONAL DE LA SANTE ET DE LA RECHERCHE MEDICALE (France), Paris, 2006, 344 pages, (expertises collectives). → Guide de la voix à l’usage des enseignants (+ CD/DVD), Cycles 1, 2 et 3 ; Linda Bsiri ; Édition Retz ; sommaire et extraits. → La voix dans tous ses états, site MGEN.

 

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