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7 décembre 2017

Un plan Grand Froid comme un plan de communication : COMMUNIQUE DU COLLECTIF PAS D’ENFANTS SANS TOIT

Le plan grand froid a été activé, et alors ?

Le plan grand froid c’est une action de réaction à une situation prévisible depuis longtemps. Autrement dit, c’est une planification de l’improvisation !

Une fois encore, la mise à disposition de gymnase est apportée comme une réponse à l’urgence de l’hébergement. Que n’a-t-on pas entendu que, lorsque les gymnases des écoles étaient investis par des collectifs, ou des comités, cela ne constituait pas une solution mais freinait l’action des services concernés ! Le collectif Pas d’Enfant Sans Toit avait réagit alors en expliquant partager l’analyse : cela ne constituait pas une réponse, mais qu’en attendant celle appropriée des services compétents, il fallait bien faire quelque chose. Nous avons investi des gymnases, nous en avons été délogés. Nous avons payé des nuitées d’hôtel, nous hébergeons encore chez l’habitant, parfois en toute illégalité.
Sans doute que, au sens premier, les pouvoirs public préfèreraient-ils que nous pallions ses défaillances, c’est à dire que nous les cachions.
Mais, d’évidence, ce que nous faisons met en exergue leur impéritie, ou du moins, leur incapacité à inventer mieux.

Les autorités ne font pas mieux que les collectifs.

Car rien d’autre que ce que nous faisons, nous Collectifs, n’est proposé.
Et ce que les pouvoirs publics font n’est pas mieux.
Car lorsque les gymnases sont monopolisés, le regroupement de la misère produit des effets multipliés par le nombre de personnes hébergées. Surtout, vous ne sécurisez pas les enfants dans un environnement qui leur serait favorable. Lorsque dans un gymnase d’école vous accueillez un petit nombre de personnes, vous préservez un équilibre qui est intenable à plus grande échelle. Mais puisque elle est « institutionnelle », la réponse, identique à celle jusqu’à présent portée par les citoyens, serait bénéfique. C’est tout simplement faux.

De collectives solidarités paient des nuitées d’hôtel au plus proche des écoles. Cela constituerait un frein à l’action des acteurs de terrain mais les pouvoirs publics en font autant, plus loin…

Force est de constater que nous sommes loin du compte et que des familles dorment encore dehors. Signalées au 115 pour pouvoir justifier la situation auprès de la Maison de la Veille Sociale (MVS), elles ne sont pas (encore) prises en compte pour l’hébergement. Un choix s’opère. Un tri a lieu. Donc des abandons, même temporaires existent et nous n’acceptons pas qu’un enfant de six ans dorme dehors par manque de moyens.

Alors que Lyon s’apprête à célébrer sa fête des lumières, nous connaissons quelques noms de responsables qui devraient s’en voir doter : ceux qui nous disent devoir s’habituer à la situation ; ceux qui la regrettent d’un laconique « dommage »…

Replaçons au cœur de notre action ce qui l’a motivée : il est inconcevable que des enfants soient sans toit, c’est-à-dire sans lieu qui leur permette d’avoir à vivre leur enfance. Un lieu où leur chambre n’est pas un lieu de couchage à grand échelle, un lieu où il est normal d’être séparé des adultes. Un lieu où ils peuvent faire leurs devoirs sur une table. C’est dans cet esprit qu’est né #PasdEnfantSansToit. C’est cette exigence que nous défendons comme seule base de projet de vie de la cité.

N’y a-t-il aucune solution intelligente qui permette de faire vivre cela aux enfants sans toit ?

Nous le redisons, les acquisitions vacantes de Lyon existent et pourraient avantageusement être mises à disposition, sinon réquisitionnées.

Des moyens existent

Avantageusement, c’est le mot. Entre le coût des agents de la force publique devant empêcher l’accès aux écoles (même le samedi !), empêchant de fait de se consacrer à la sacro-sainte sécurité de la Ville, celui lié au carburant des bulldozers venus raser un bivouac, celui lié au paiement des nuits d’hôtel, des frais de fonctionnement supplémentaires des gymnases, de la prise en charge du surcoût des transports pour les familles éloignées par leur hébergement, en comptant la détérioration des logements publics inoccupés …en cumulant ces coûts, il y aurait de quoi payer des loyers solidaires à proximité des écoles.

Le retour sur investissement ? Des familles qui s’intègrent. Des enfants qui réussissent mieux à l’école de la République. Des enfants qui dorment leur soûl. Une ville qui gagne en solidarité, donc en égalité et en sérénité. Que faut-il mettre en œuvre ? Avoir la liste de ces acquisitions (encore une fois, nous pouvons la fournir…), avoir la volonté de rédiger un ordre de réquisition et celle d’expliquer aux voisins qu’une famille n’est pas le loup. C’est une question de courage.

Au lieu de cela, c’est encore et toujours un choix de rapport de force qui est proposé, jusqu’aux professeurs des écoles qui s’impliquent pour leurs élèves. Ces enseignants, qui transmettent très bien les valeurs de la République et qui font apprendre la différence du « bien et du mal » commencent à devoir se justifier de leur manière de servir le Service Public.

Dans ce cadre, fort de ces constats, le Collectif Pas d’Enfant Sans Toit continuera d’agir selon les modes d’action qu’il jugera nécessaire d’adopter.

 

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