www.snuipp.fr

Section du Rhône du SNUipp - FSU

Navigation

Vous êtes actuellement : Ecole 

fontsizeup fontsizedown impression s'abonner  à la rubrique {}
1er février 2011

intégration à l’école : relever les défis ?

Alors que la majorité présidentielle vient d’enterrer le Hce, le Haut Conseil de l’éducation, le premier ministre vient, par un communiqué, de mettre en avant le dernier rapport du Hci, le Haut conseil à l’intégration : « relever les défis de l’intégration à l’école ».

Ce communiqué a des relents nauséabonds et surfe sur le thème des valeurs de la République en danger : « L’école est aujourd’hui confrontée à des revendications nouvelles liées au communautarisme et à l’identité religieuse qui se traduisent souvent par le rejet de la culture et des valeurs de la République française. » Et plus loin « L’école doit relever … un défi culturel visant à l’adhésion aux valeurs communes de la République française de plus en plus contestées ». Les enfants issus de l’immigration sont ainsi désignés comme un risque et une menace.

Si sont très justement rappelées « les difficultés de l’école à compenser les inégalités sociales et culturelles de départ dont souffrent notamment les enfants issus de l’immigration », il est souligné que « l’école est en difficulté dans sa visée d’intégration » malgré ce que cela coûte ! Ce discours est étonnant à plusieurs titres. Tout d’abord le ministère de l’éducation nationale vient de faire paraître une note d’information (n°10-13, septembre 2010) démontrant « qu’à caractéristiques comparables, les enfants d’immigrés obtiennent plus souvent le baccalauréat que les autres jeunes ». Cette note est suffisamment précise pour confirmer ce résultat sur l’ensemble des zones d’immigration (Asie, Maghreb, Afrique noire) et pour l’infirmer sur la Turquie. Ensuite les politiques éducatives en direction des jeunes non francophones sont en panne : les CLIN (classes d’intégration des primo-arrivants) souffrent comme tous les autres postes des suppressions massives ; les ELCO (enseignement des langues et cultures d’origine) ne se sont – sauf exception – jamais développées ; l’enseignement d’une langue vivante non européenne à l’école n’est même pas envisageable ; la prise en compte de la langue maternelle pour développer, transférer ou ancrer les apprentissages n’est qu’une recommandation de spécialiste.

50 propositions

C’est donc à l’école de quasiment tout faire. Les 50 propositions du Hci pourraient sembler un « inventaire à la Prévert ». Certaines méritent d’être discutées et/ou mises en oeuvre, d’autres sont – au mieux - des voeux pieux, les dernières enfin peuvent être prises pour insultantes : « Mettre l’accent sur l’apprentissage du français dès la maternelle » est un déni du travail des enseignant-es de maternelle ; rappeler la loi sur l’absentéisme et le versement des allocations familiales est une détestable motivation éducative pour rapprocher les parents de l’école et de la réussite de leurs enfants.

Rendre l’école obligatoire à 3 ans, faire respecter à l’école fermement le principe de laïcité dans l’espace scolaire (mais où sont les problèmes ?), organiser l’accueil des parents et des familles et l’inscrire dans la formation initiale, étudier la laïcité dans les masters d’enseignement, diffuser des outils pédagogiques, lutter contre l’illettrisme, donner plus de moyens aux ZEP (sic) : tout ceci peut s’entendre ou se discuter sereinement.

D’autres préconisations se heurtent à la triste réalité des moyens et de leur évolution ces dernières années : étudier la laïcité en formation continue, implanter des structures d’accueil en dehors des ZEP. D’autres ne recouvrent aucune volonté politique : qui peut croire que dans les départements on va combattre le « tout anglais » par la promotion de l’arabe dialectal, du bambara ou du chinois ? Enfin que viennent faire l’inclusion des principes de mixité dans les règlements intérieurs et la sanction des propos sexistes ? Tous les élèves français devraient pouvoir bénéficier d’une éducation à l’égalité des filles et des garçons. La France, qui a péniblement accordé le droit de vote aux femmes en 1945 et le droit d’avoir un chéquier en 1965, qui est lamentablement classée pour son nombre d’élues à l’Assemblée nationale et au Sénat, est-elle en mesure de décerner un label d’égalité homme-femme ?

 

20 visiteurs en ce moment

*Top SNUipp du Rhône 12 rue de la Tourette 69001 Lyon - 04 78 27 41 50 - Fax 04 78 30 06 62 - snu69@snuipp.fr
©Copyright 2006 - Section du Rhône du SNUipp - FSU, tous droits réservés.