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30 mars 2011

Un enfant sur dix victime de harcèlement au primaire

Mardi 29 mars a été rendue publique l’enquête de victimation et climat scolaire auprès d’élèves du cycle 3 des écoles élémentaires coordonnée par Eric Debarbieux et Georges Fotinos et réalisée pour l’UNICEF. Luc Chatel a mis en place du Conseil scientifique contre les discriminations à l’école.

Des enfants heureux...

12 326 écoliers ont été questionnés, ce qui assure la fiabilité des résultats. « Ni exagération, ni négation », a martelé Eric Debarbieux lors de la conférence de presse de présentation. Les chiffres donnés sont équivalents à ceux disponibles dans les autres pays. Les faits montrent qu’il faut se pencher sérieusement sur la question sans occulter les messages les plus massifs de satisfaction et de bien-être de près de 9 enfants sur 10 :

- 52% des enfants sont tout à fait heureux à l’école et 27% plutôt heureux
- 55% ont de très bonnes relations avec leurs maîtres et 34,5% de bonnes relations
- 63% trouvent la qualité de l’enseignement très bonne et 32% la trouvent bonne
- 29,5% adorent aller en classe et 43% aiment bien
- 83,5% estiment les relations entre pairs bonnes ou très bonnes

...ou presque...

Si aller en récréation recueille quelques appréciations négatives (6,2% n’aiment pas beaucoup ou pas du tout), aller à la cantine est source d’insatisfaction (42% d’opinions négatives) et un nombre non négligeable d’élèves (7,6%) affirment avoir eu peur souvent ou très souvent à l’école. Près d’un enfant sur 10 est victime de violences* limitées mais réelles : violences verbales, physiques, à connotation sexuelle, d’appropriation. Les données montrent que les garçons sont majoritairement agresseurs et majoritairement victimes dans l’ensemble. La victimation par les adultes, insultes, rejets et châtiments corporels est plutôt rare mais n’a pas complètement disparu : 5 % des élèves déclarent avoir été frappés quelquefois et moins de 1% souvent ou très souvent. Pour Eric Debarbieux, « quand un enfant commence à être harcelé, ce sont toutes les formes de violence qui lui tombent dessus ». Les conséquences en terme d’estime de soi, de résultats scolaires, de solitude et de violence, de parcours de vie sont maintenant connues.

Quelles réponses ?

L’enquête donne un état des lieux en attendant des propositions mi-avril. La réalité ne peut être ignorée et les exemples étrangers montrent l’efficacité de la prévention dès le primaire, en particulier le travail sur les compétences psycho-sociales : travailler très tôt sur la manière d’être ensemble à l’école pour « aider et prévenir plutôt que punir et ficher ». Une solution viendra sans doute des efforts portés sur la formation des enseignants. Pour Eric Debarbieux, « l’école ne peut pas être plus efficace que l’efficacité de ses propres enseignants ».

Et le ministère ?

Après avoir répondu aux Etats généraux de la violence par un logiciel (tenue de classe) le ministre entend noyer 2 poissons supplémentaires à la fois. Il vient d’annoncer la création d’un Conseil scientifique contre les discriminations à l’école qui sera « en particulier chargé de la lutte contre le harcèlement scolaire » et sera piloté par le démographe François Héran. Les suites à donner à l’enquête de l’UNICEF demandent pourtant des décisions rapides et effectives. La lutte contre les discriminations, objet d’un rapport remis au ministre en septembre, ne saurait, après des années de tergiversation, être remise aux calendes grecques.

* Pour mesurer ces victimations 23 types de faits ont été choisis : les moqueries, les surnoms, les rumeurs et médisances, l’ostracisme, les insultes, le racisme, les menaces, les coups, les bagarres générales, les pincements et tirage des cheveux, les bousculades, les jets d’objet, le voyeurisme dans les toilettes, le déshabillage forcé, le baiser forcé, le vol d’objets personnels, le vol d’argent, le vol de fournitures scolaires, le vol de goûter, le racket simple, le racket en réunion, et enfin le fait de jouer à des jeux dangereux (jeu de la canette, jeu du foulard).

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